vingt-quatre chansons sans musique
troisième recueil
extrait

Le vol du harfang
SACD 155 792

49. LE VOL DU HARFANG

Blanc du grand Nord, blanc des froidures,
Blanc des harfangs*, blanc des fourrures,
Blanc des animaux enneigés
Que la banquise a enfantés

Blanc des froids déserts de la terre
Où les renards se disent polaires
Blanc des plumes immaculées
Du lagopède* des glaciers

Blanc des rafales infernales
Qui hurlent en saison hivernale
Blanc des immensités bleutées
Où l'ours blanc a ses quartiers

Blanc drapé dans la solitude
La beauté et la certitude
Tu désentraves les esprits
De leurs petit
es philosophies

Où sont passés tous les discours
Qu'on nous assène au fil des jours
Quand le harfang, de son vol blanc,
Les a chassés aux quatre vents?

Où sont passées toutes nos idées,
Où sont passées nos simagrées,
Quand le harfang, de son vol blanc,
Les a chassées aux quatre vents?

*Grande chouette blanche de l'Arctique.
*Perdrix blanche de l'Arctique.

58. L'AMOUR A MOITIE

Il faut être deux pour s'aimer
Et quand l'amour n'est qu'à moitié
Tout au début ça fait rêver
Mais il faut bien se réveiller.
Et là rien n'est plus compliqué,
On ne veut pas ce qu'on voudrait
Il faut pourtant se décider,
Se rapprocher ou s'éloigner.

Refrain:
L'amour, ça promet des merveilles
Mais c'est presque toujours pareil,
Ça fait seulement couler du sang
Sur le rivage des sentiments.
Croyez-moi, j'ai tout essayé
Vous feriez mieux de l'oublier.

On veut emprunter le chemin
Qui va de nos yeux jusqu'aux siens
Et y rester jusqu'au matin
Mais c
e n'est qu'un songe sans lendemain.
En vérité ça fait trop mal
De se heurter à ce fanal
Qui nous interdit le canal
Qui mène aux régions sidérales.
Au refrain

On passerait des heures, des mois,
A n
e rien entendre autour de soi
Si ce n'est le son de sa voix
Mais on ne le support
erait pas.
Ce s
erait entendre les arrêts
Qui nous relèguent à tout jamais
Entre les vagues déchaînées
D'une île hostile et désolée.
Au refrain

60. ELOGE DES SALADES

Cascades de fraîcheur
Des jours de chaleur
Kermesse des saveurs
Samba des couleurs
Vos chiffonés
Vos émincés
Vos petits dés
Sont à bouffer.

Bonnes filles, vous ouvrez vos assiettes
Aux aubergines et aux courgettes
Aux carottes quand elles sont râpées
Aux concombres diaphanisés.

A la frisée, à la roquette,
A la trévise déjà toute prête,
A la laitue, la batavia,
Et autres feuilles de je n
e sais quoi.

A la chair épaisse et soyeuse,
Tendre, veloutée, paresseuse,
Des avocats de l'Amérique,
Aux tomates et au basilic.

Et aux oignons dont les rondelles
Dans
ent en surface un carrousel
Au plat persil de l'Italie
Aux petits crustacés jolis.

Aux neiges de la fleur de sel
Aux filets d'or de l'huile nouvelle
Aux baies des poivres exotiques
Aux cœurs des palmiers pacifiques.

Aux haricots verts al dente
Aux poivrons gonflés à craquer
Aux petits soleils des jaunes d'œufs
Et aux anchois aventureux.

Salades, salades,
C'est vous que l'on aime
Salades, salades,
Quand sous les tonnelles
Salades, salades,
Vous croquent les belles.